Table des matières
III. Estimation des risques d'aberrations chromosomiques
III.2. Risques liés à l’âge
III.1. Origine des aberrations chromosomiques
Chez les humains, les anomalies chromosomiques ne sont pas rares. Dans la plupart des cas, elles génèrent des fausses couches spontanées. Parmi tous les enfants nés vivants, env. 0,5% sont atteints d’aberrations chromosomiques. Les craintes des futurs parents de mettre au monde un enfant porteur d'anomalies génétiques sont ainsi justifiées. Une consultation individuelle doit par conséquent avoir lieu en début de grossesse, visant à évaluer les risques d'anomalies chromosomiques. Il s’agira de prendre en compte toutes les éventuelles pathologies familiales relevant d’anomalies chromosomiques, les mariages consanguins, les prises de médicaments et les contacts avec des produits chimiques ou radiations au cours des premiers mois de grossesse, les résultats de la première échographie, ainsi que l’âge de la mère.
Une anomalie chromosomique peut être :
* numérique, si un ou plusieurs chromosomes est (sont) surnuméraire(s) ou manquant(s), ou
* structurelle, lorsque certains chromosomes présentent des altérations de structure.
Les modifications numériques peuvent être générées par différents mécanismes. Le mécanisme essentiel, et également le plus fréquent, est la non-séparation des paires primaires de chromosomes lors de la fécondation. Les embryons seront alors porteurs d’un chromosome surnuméraire (trisomie) ou d’un chromosome en moins (monosomie). L’origine de ces processus génétiques n’est pas encore totalement élucidée. Il est par contre certain que le risque d’aberrations chromosomiques s’accroît avec l’âge de la mère. Un autre mécanisme à l’origine d’anomalies chromosomiques numériques est la multiplication globale du génome haploïde (lot de 23 chromosomes) au-delà du nombre normal de deux (polyploïdie). Si les anomalies sont structurelles, le nombre de chromosomes est en principe normal. Les altérations proviennent de cassures d’un ou de plusieurs chromosomes, ce qui entraîne la libération de deux fragments instables de chromosomes qui peuvent normalement se recoller et se réparer sans perte. Si les cassures sont nombreuses, il en résulte plus de deux fragments chromosomiques. Le système de réparation naturel ne peut alors plus identifier les extrémités des fragments, d’où l’éventualité de perte ou de recollement erroné. En principe, on établit une distinction entre les altérations structurelles équilibrées, c’est à dire sans perte ni gain de matériel génétique, et les déséquilibrées, s’il en résulte une délétion ou une multiplication d’un fragment. Les altérations structurelles équilibrées n’ont généralement pas de conséquences cliniques, mais sont susceptibles de susciter des altérations structurelles déséquilibrées chez la génération suivante. Ces dernières sont fréquemment à l’origine de graves anomalies, pour la plupart non viables. Dans certains cas, les anomalies numériques et structurelles peuvent se manifester simultanément.
Le dépistage des aberrations chromosomiques se réalise à l’aide de différentes méthodes (tabl. 4).
Tabl. 4: Méthodes visant à confirmer ou infirmer les anomalies chromosomiques
| Diagnostic invasif | Diagnostic non invasif |
- Prélèvement de villosités choriales
- Amniocentèse
- Prélèvement du sang fœtal dans le cordon ombilical
| - Test biochimiques (dosage d’AFP, test biologique)
- Echographie
- 1er trimestre de grossesse : clarté nucale
- retard de croissance précoce
- anomalies organiques
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III. Estimation des risques d'aberrations chromosomiques
III.2. Risques liés à l’âge